VW Golf GTi 1600
Retirez Volkswagen, et mĂȘme Golf, ne retenez que GTi. VoilĂ comment on appelait ce best-seller des petites sportives au temps de son rĂšgne : la GTi, tout simplement ! Dire « jâai une GTi » suffisait amplement pour que lâon sache de quoi vous parliez exactement. Et puis cela faisait quâimmĂ©diatement votre auditoire vous considĂ©rait dâun seul Ćil ! PossĂ©der une Golf GTi flattait lâego. De 1977 Ă 1983, ce «tube» de lâautomobile connut un rĂšgne quasiment sans partage. La Golf GTi Ă©tait partout. Ă chaque coin de rue en bonne citadine, au dĂ©tour des grandes nationales en bonne routiĂšre, devant les restaurants chics en bonne bourgeoise, Ă lâabord des circuits en bonne sportive. Comment expliquer un tel triomphe commercial ? Câest simple, il suffit dâen essayer une ! Quand on en descend on a tout compris ! Incontestablement la reine, câĂ©tait elle !
La premiÚre fois que les amateurs de sportives entendirent parler de la Golf GTi, ils firent plutÎt la moue. Comment Volkswagen, une marque connue jusque là presque exclusivement pour sa Coccinelle, pouvait-elle espérer leur vendre sa sportive bùtie sur la base de son nouveau modÚle populaire commercialisé depuis deux ans ?
Il faut se replacer dans le contexte de lâĂ©poque (la marque allemande nâa alors vraiment rien dâune marque sportive) pour arriver Ă comprendre que la Golf GTi dĂ©marrait dans la vie avec un gros handicap, ne reposant sur rien dâautre que lâimage vieillotte de son constructeur. Et pour lâinstant je ne parle quâen fonction des clients potentiels friands de voitures sportives, Ă la mode ou pas. Car il y a les autres, ceux aimant sâafficher au volant dâune voiture simplement et rĂ©solument Ă la mode. Et il vaut mieux pour un constructeur sâattirer la clientĂšle des deux genres pour espĂ©rer un succĂšs record. Câest plus sĂ»r, les deuxiĂšmes Ă©tant tout aussi nombreux, sinon plus, que les premiers. Or au tout dĂ©but, malgrĂ© les criantes qualitĂ©s de sa voiture, Volkswagen ne croyait mĂȘme pas pouvoir intĂ©resser les premiers, les purs, les durs. Câest dire ! Dans les deux cas nous remarquerons quâil faut des moyens Ă lâamateur, car «sportive» signifie tarif Ă©levĂ©, et «à la mode» implique de ne pas acheter trop tard donc dâoccasion, au risque bien sĂ»r de ne plus lâĂȘtre (Ă la mode). JusquâĂ la Golf, pour le client ayant dâautres motivations dâachat quâexclusivement les qualitĂ©s intrinsĂšques dâun modĂšle, Volkswagen ne reprĂ©sentait aucun intĂ©rĂȘt. Indubitablement il fallait pour la marque se libĂ©rer du carcan dans lequel elle sâĂ©tait faite elle-mĂȘme prisonniĂšre avec la monoculture Coccinelle et ses maladroites tentatives dâen sortir avec les loupĂ©es sĂ©ries 400 et 1300, 1500, 1600. Seule la K70, prĂ©sentĂ©e en 1970, nĂ©e de la fusion avec NSU, fut une rĂ©elle tentative de modernisation de ses produits. Moteur 1600 4-cylindres en ligne Ă refroidissement par eau et arbre Ă cames en tĂȘte, et surtout traction avant, solutions rĂ©volutionnaires chez Volkswagen, nâempĂȘcheront pas ce modĂšle dâĂȘtre un bide. Bref, avec tout cela, pour les personnes argentĂ©es (et fiĂšres de lâĂȘtre) ayant un rang Ă tenir, acheter une Golf nâĂ©tait pas vraiment Ă lâordre du jour fin 1976, câest le moins que lâon puisse dire⊠MĂȘme la toute derniĂšre GTi, annoncĂ©e Ă un tarif qui visiblement nâavait pas Ă©tĂ© calculĂ© pour les masses prolĂ©tariennes. Mince alors, câest vrai ça, rouler dans une Volkswagen, aussi bien soit elle, et mise hors de portĂ©e des bourses les plus plates, cela torpille le standing ! Alors comment donc cette satanĂ©e Golf GTi est-elle devenue en Ă peine deux ans une voiture des plus statutaire du moment, alors que son prix de vente, bien que relativement Ă©levĂ© pour une Volkswagen, ne la rĂ©servait tout de mĂȘme pas quâaux personnes imposĂ©es Ă 45 % minimum ? Par la mĂȘme occasion nous aurons aussi un aperçu de pourquoi elle devint Ă©galement un must chez les connaisseurs.
Commençons par le commencement. Avant toute chose les premiers essais parus dans la presse spĂ©cialisĂ©e, faisant Ă©tat de qualitĂ©s incroyables et jamais rĂ©unies en un mĂȘme modĂšle de cette tranche de prix, convainquirent les moins bĂ©gueules dâaller essayer une GTi chez le concessionnaire VW le plus proche. Souvent en cachette, sans le dire aux amis roulant en BMW, Mercedes ou Porsche. Ils nâauraient pas compris ou auraient immĂ©diatement dĂ©duit de cet acte une folie passagĂšre. Ă moins que ce ne soit un revers de fortune, peut-ĂȘtre pas passager lui⊠Le discours Ă©tait Ă peu prĂšs toujours le mĂȘme quand Ă©tait abordĂ© le fameux sujet automobile du moment. « MĂŽĂŽaa, rouler en Volkswagen ? Jamais, parbleu ! Vous voulez rire, ça ne peut pas valoir grand chose une voiture portant une marque pareilleâŠÂ». Ce genre dâimbĂ©cillitĂ© profĂ©rĂ©e par des ignares snobinards furent lĂ©gion. Mais celui qui lâavait conduite savait, lui. Le bref essai chez le concessionnaire local avait eu vite fait de lui prouver que les journalistes nâĂ©taient pas payĂ©s par Volkswagen France pour porter aux nues la GTi alors quâelle ne le mĂ©ritait pas. Tout ce quâils Ă©crivaient Ă©tait donc bien vrai ! ConsĂ©quence immĂ©diate, les premiĂšres Golf GTi commencĂšrent Ă circuler. De bouches Ă oreilles les attributs positifs de la petite se rĂ©pandirent comme une traĂźnĂ©e de poudre. Alors, de plus en plus nombreux, les clients de la Golf GTi lui firent de la publicitĂ©. EnchantĂ©s quâils Ă©taient de ses Ă©tats de service. Sans cesse de nouveaux curieux dĂ©cidaient de vĂ©rifier par eux-mĂȘmes si ce qui se disait nâĂ©tait pas tout de mĂȘme un peu exagĂ©rĂ©. Et la plupart du temps, lâessai achevĂ©, ils finissaient par passer commande de celle quâils regardaient dâun Ćil torve il y a encore deux semaines quand elle doublait leur BMW 525 avec une aisance apparente qui avait effectivement de quoi agacer. Il ne fallut pas plus de deux ans pour que tous les amateurs potentiels de ce genre dâauto soient persuadĂ©s que Volkswagen Ă©tait bel et bien capable de concevoir une petite berline vraiment sportive et valant dans bien des cas en terme de plaisir et dâefficacitĂ© sensiblement plus que de plus grosses, plus puissantes et plus chĂšres. La lĂ©gende Ă©tait en marche.
Une ascension fulgurante
La clientĂšle que visait la Golf GTi Ă©tait une clientĂšle plutĂŽt jeune mais ayant nĂ©anmoins un budget assez Ă©levĂ© Ă consacrer Ă lâachat dâune automobile. Car en effet son prix nâĂ©tait pas le plus bas quâil Ă©tait possible de trouver, 31.260 francs en 1976 cela reprĂ©sentait une coquette somme. Mais Ă y regarder avec du recul on sâaperçoit quâil Ă©tait tout simplement Ă la hauteur des qualitĂ©s de la GTi. Et Ă ce titre il pouvait difficilement se situer dans une tranche infĂ©rieure. Soit celle des petites sportives beaucoup moins bien loties en qualitĂ©s diverses et en puissance. Dâailleurs câĂ©tait un tarif de 740 francs infĂ©rieur au prix demandĂ© par Renault pour sa R5 Alpine lancĂ©e quatre mois avant. Une voiture Ă tout point de vue infĂ©rieure Ă la Golf GTi. Seule sa boĂźte 5 constitue sur le papier un avantage de la française sur lâallemande. Et sur le papier seulement car Ă lâusage lâorgane Renault se rĂ©vĂšle si imprĂ©cis quâon lui prĂ©fĂ©rera le Volkswagen remarquable en tout points.
Pour concevoir un produit susceptible de conquĂ©rir les 30-40 ans aisĂ©s, il fallait rĂ©pondre Ă certains impĂ©ratifs. Les diffĂ©rents services de Volkswagen ont tenu compte de ces impĂ©ratifs au pied de la lettre et le rĂ©sultat de leurs travaux, qui nous apparaĂźt aujourdâhui comme banal mais qui Ă©tait loin de lâĂȘtre en 1976, a donnĂ© le jour Ă la premiĂšre Golf GTi telle que nous la connaissons. Volkswagen sâest beaucoup investi pour donner naissance Ă la GTi car ce genre dâautomobile nâĂ©tait pas dans sa culture. Techniciens et financiers ont Ă©tĂ© mis Ă contribution pour dĂ©vergonder la Golf qui jusquâĂ prĂ©sent nâavait que 70 ch Din Ă proposer, au plus. Quatre conditions fondamentales furent rĂ©unies : esthĂ©tisme, performances, facilitĂ© et Ă©conomie dâutilisation, et vĂ©ritable caractĂšre sportif. Mais ce nâest pas pour autant suffisant pour sâexpliquer le succĂšs rapide rencontrĂ© par le modĂšle. Il manque un Ă©lĂ©ment, celui capable de faire passer une voiture dâessence populaire dans la âcasteâ des autos adulĂ©es par tout le monde. Que ce soit les frimeurs, les sportifs, les calmes, les vĂ©ritables connaisseurs, les incultes, les riches, les pauvres… Cet Ă©lĂ©ment, câest une rigueur de conception sans faille (eu Ă©gard au prix de vente). Et câest cette rigueur encore inconnue Ă ce niveau de gamme qui fit prendre la mayonnaise. Câest elle qui fera en sorte que lâon dira : «la Golf GTi câest une super bagnole». Et personne ne sâavisait de dire le contraire sous peine de passer pour un guignol. Il nâen fallait pas plus, façon de dire, pour produire le best-seller des sportives du moment.
Le succĂšs appelant le succĂšs, la Golf GTi conquit Ă©galement les plus de 40 ans, et mĂȘme les plus de 50 ans dont le compte en banque permettait pourtant sans problĂšme de circuler en voiture deux Ă trois fois plus coĂ»teuse. Tant et si bien quâen 1979, dĂ©passant toutes les prĂ©visions les plus optimistes, la Golf dans sa version GTi Ă©tait devenue un phĂ©nomĂšne de sociĂ©tĂ©. Lâimage Ă©clatante de la Golf GTi attira les trĂšs riches, qui trouvaient en cette voiture leur compte en terme de plaisir de conduite et une polyvalence certaine pour leurs divers dĂ©placements, comme les moins riches, qui cassaient la tirelire pour se payer cet â ascenseur social â. En Golf GTi, lâouvrier se sacrifiant pour honorer les traites et le chef dâentreprise dont elle ne reprĂ©sentait que trois Ă six mois de salaire Ă©taient sur un pied dâĂ©galitĂ©. Ă la maniĂšre de la moto, ou comme avant elle lâavait fait la R8 Gordini, la Golf GTi rapprochait les hommes. Enfin, peut-ĂȘtre pas les hommes, mais les titulaires du permis de conduire. La nuance est dâimportance considĂ©rable⊠Peu de constructeurs peuvent se targuer dâavoir rĂ©ussi la mĂȘme chose sur tous les plans, identiquement, ou, plus rare encore, supĂ©rieurement Ă Volkswagen. En 1979, plus personne ne trouve drĂŽle de voir son riche voisin rouler en Volkswagen si celle-ci est une Golf GTi. Dans lâimaginaire collectif, la GTi est une Golf mais la Golf nâest pas une Volkswagen avec tout le bagage pĂ©joratif que traĂźnait cette marque en 1974 (au lancement de la Golf) et toujours encore un peu deux ans plus tard au lancement de la version GTi. Dans lâidentitĂ© de ce modĂšle maintenant idolĂątrĂ©, la marque a Ă©tĂ© presque totalement occultĂ©e au profit de son nom, qui est devenu en quelque sorte la marque dans les conversations, et du type, qui est devenu en quelque sorte le nom. Cela peut paraĂźtre un peu fou, mais ce phĂ©nomĂšne de dĂ©calage, de glissement identitaire, fut trĂšs bĂ©nĂ©fique aux ventes de GTi. Ceux qui ont parfaitement suivi ont compris, on achetait une Golf et plus prĂ©cisĂ©ment une GTi, mais pas une Volkswagen. Tout au moins personne nây pensait vraiment. Câest un peu comme si on allait voir son concessionnaire Golf pour acheter une GTi. Il y a encore peu de temps, le constructeur de Wolfsburg utilisait cela pour entretenir par le biais de publicitĂ©s efficaces lâimage en or de sa Golf. Ce qui permettait de lâextirper de la guerre tarifaire que se livraient les autres constructeurs dans la catĂ©gorie. GrĂące Ă la premiĂšre gĂ©nĂ©ration de la Golf, et plus particuliĂšrement de sa version sportive, Volkswagen est parvenu Ă se dĂ©pĂȘtrer de son image de constructeur de Coccinelle et autres dĂ©rivĂ©s maladroitement Ă©tudiĂ©s et dessinĂ©s. Le phĂ©nomĂšne GTi a envahi toute lâEurope, mais le pays oĂč il fut le plus puissant est certainement la France oĂč en 1979, 80,25 % des Golf immatriculĂ©es sont des GTi !!! Il est impensable aujourdâhui quâune version sportive dĂ©rivĂ©e dâune populaire de grande diffusion ne fasse ne serait-ce que 5 % des immatriculations. Cela donne une idĂ©e de lâampleur du succĂšs rencontrĂ© par Volkswagen. Nous allons en reparler.
Dans la deuxiĂšme moitiĂ© des annĂ©es â70, en France comme en Allemagne, BMW et Mercedes sont lâarchĂ©type mĂȘme des voitures symboles de promotion sociale. Comment imaginer que la derniĂšre «voiture du peuple» munie dâun 1600 Ă injection allait marcher (fouler mĂȘme) sur les plates-bandes prestigieuses de lâĂ©toile et de lâhĂ©lice ? Câest que la petite, bien quâabsolument pas rĂ©volutionnaire au fond, Ă©tait loin dâĂȘtre dĂ©munie dâarguments pour plaire et convaincre. Et en France plus encore quâen son pays dâorigine, ses arguments nous parlaient fort. Si fort quâils en ont empĂȘchĂ© plus dâun de sâendormir le soir. Il faut dire quâil y avait beau chercher ailleurs, pour un prix approchant de celui de la Golf GTi il nây avait rien de mieux et de plus sĂ©rieux. Par contre il y avait peut-ĂȘtre tout aussi passionnant et plus gai. Ceci dit, câest un autre dĂ©bat et il est indubitable que le bagage technologique de la GTI exhalait un fort parfum de performances propre Ă attirer lâamateur. On passait volontiers sur la boĂźte 4 les deux premiĂšres annĂ©es et demi et sur les freins arriĂšres Ă tambour. Le reste Ă©tait si bien⊠Et il faut dire que souvent la lointaine concurrence nâavait pas mieux. Alors⊠On passait bien aussi sans sourciller sur les lacunes de prĂ©sentation intĂ©rieure, triste, mais triste. Pas grave finalement, la gaietĂ© chez la Golf GTi, elle Ă©tait dans le moteur et le comportement routier. Et puis au moins lâamĂ©nagement de lâhabitacle respirait la qualitĂ© faite pour durer.
Le succĂšs grandissant, le dĂ©lai dâattente pour toucher sa GTi sâĂ©tira. Il passa vite de quelques semaines Ă officiellement 3 mois, pour monter en rĂ©alitĂ© jusquâĂ 6 mois. Câest que les gens de Volkswagen avaient prĂ©vu dâen Ă©couler 400 chez nous la premiĂšre annĂ©e (1977) et que finalement ils en Ă©coulĂšrent plus de 2300. DâentrĂ©e, le potentiel sâavĂ©ra ĂȘtre largement sous-estimĂ© et par la suite le constructeur sâen trouva tout aussi largement dĂ©bordĂ©. En 1978, câest presque 3700 GTi qui furent achetĂ©es en France ; en 1979, plus de 8000 ; et en 1980 autour de 11000. Nous lâavons vu tout Ă lâheure, un quart des Golf Ă©coulĂ©es en France Ă la croisĂ©e des annĂ©es 70 et 80 Ă©tait des GTi, alors que dans le meilleur des cas, Volkswagen prĂ©voyait dâen vendre 10 %. Ceci prĂ©cisĂ©, pas besoin de longues explications pour comprendre que dans ces conditions le service commercial nâavait absolument pas la moindre intention de faire des efforts sur le tarif. De 31.260 F du dĂ©but, le prix passa Ă 35.430 en 1977 ; 38.490 en 1978 ; 43.850 en 1979 ; pour atteindre 48.990 Francs en 1980. Ce qui faisait tout de mĂȘme entre, environ, 3.000 et 5.300 francs dâaugmentation par an. Ou encore, plus causant, un bond de 57 % au total. Pas moins ! Il faut aussi reconnaĂźtre que la voiture nâĂ©tait pas restĂ©e figĂ©e et quâil Ă©tait normal de faire payer les Ă©volutions (surtout la boĂźte 5). Ceci dit, il nây avait aucune raison de freiner lâenvolĂ©e du tarif de la Golf GTi tant celle-ci sâarrachait. Au point que les occasions rĂ©centes se vendaient au prix du neuf, et mĂȘme plus. Et puis, signe du phĂ©nomĂšne quâelle est devenue, les voleurs lui vouent un attachement dont les propriĂ©taires se seraient bien passĂ©s. Face Ă cette dĂ©ferlante les concessionnaires essayĂšrent bien de diriger le client vers dâautres produits du Groupe VW et Audi ayant un caractĂšre sportif, mais rien nây fit. Scirocco GLi, Jetta GLi et Audi 80 GTE/GLE ne ramasseront que les miettes laissĂ©es par la Golf GTi. Pourtant ces modĂšles nâĂ©taient pas dĂ©nuĂ©s de qualitĂ©s, au contraire. Ainsi le coupĂ© Scirocco GLi, Ă©quipĂ© comme les autres voitures mentionnĂ©es ici du mĂȘme 1600 injection de 110 chevaux que la Golf GTi, Ă©tait-il lâĂ©quivalent de cette derniĂšre avec une carrosserie plus exclusive. Pourtant il Ă©tait difficile Ă vendre. Les clients dĂ©siraient plus de polyvalence et la mode des coupĂ©s sâestompait, ceci explique en partie cela. Prenons maintenant les Audi 80 GTE/GLE et la Jetta GLi. Souvent, vu les besoins du client, elles Ă©taient plus pratiques que la Golf avec leur grand coffre. Mais non, lĂ non plus rien nây fit ! La GTI avait fait muter le marchĂ©, cousines et sĆurs nâĂ©taient pas dans le ton, et peu importaient leurs avantages. Sâajoute Ă©galement dans les explications de la dĂ©saffection rencontrĂ©e par toutes celles-ci face Ă la Golf GTi, un prix beaucoup plus Ă©levĂ© qui finalement ne se justifiait âqueâ par une exclusivitĂ© supĂ©rieure, une carrosserie plus vaste ou plus fine et un Ă©quipement plus riche. Autant dâarguments dont presque tout le monde nâavait que faire vu que pour ĂȘtre regardĂ© et enviĂ©, câĂ©tait au volant de la Golf GTi quâil fallait ĂȘtre. Les arcanes des motivations dâachat et du succĂšs ou de lâinsuccĂšs dâun modĂšle sont dĂ©cidĂ©ment complexes Ă percer.
Câest quoi au juste une VW Golf GTi?
LancĂ©e Ă lâĂ©tĂ© 1974, il ne fait guĂšre de doute chez les observateurs scrupuleux que la Golf constitue une bonne base pour Ă©laborer une petite sportive âutilitaireâ dans la droite ligne (quant Ă la philosophie, techniquement câest diffĂ©rent) des Renault 8 et 12 Gordini, Simca 1000 Rallye 2 et 1100 Ti, Alfa Sud Ti, Ford Escort RS 2000, etc… Elle a tout pour ça, et mĂȘme plus que les quelques voitures citĂ©es ci-dessus. RĂ©pondant aux canons de la modernitĂ© de lâĂ©poque : moteur transversal, arbre Ă cames en tĂȘte entraĂźnĂ© par courroie, quatre roues indĂ©pendantes, traction, carrosserie compacte bi-corps avec hayon, la Golf a aussi pour insigne avantage dâĂȘtre trĂšs lĂ©gĂšre (760 kg en version 1100 50 ch Din).
Un trĂšs bon point si elle devenait une sportive dans lâavenir. La version 1500 70 chevaux Din ne contredit pas ceux qui prĂ©tendent quâune Golf plus Ă©toffĂ©e serait redoutable. On sentait effectivement en celle-ci, si ce nâest quelque vellĂ©itĂ© sportive au moins un potentiel que la faible puissance de son moteur ne mettait que trĂšs partiellement Ă contribution. Visiblement il ne fait aucun doute que les trains roulants et la rigiditĂ© de caisse sont capables de supporter beaucoup plus. Seuls les freins dĂ©notent.
Les responsables de Volkswagen nâattendirent pas quâon leur dise pour essayer de faire de leur nouveau cheval de bataille une authentique sportive. Si cela nâaffole pas les carnets de commande au moins ce sera bon pour lâimage. Dans un premier temps cela se fit Ă lâaide de deux carburateurs double corps sur le moteur 1588 cm3 de lâAudi 80 GT. La 80 GT dĂ©livrait 100 ch Din avec un seul carburateur double corps Ă registre, ce qui laisse Ă croire quâavec deux doubles corps les 110 chevaux Ă©taient facilement atteints. Cette Golf ne restera quâun prototype puisque immĂ©diatement aprĂšs, Audi sortit le modĂšle 80 GTE (E pour einspritz, injection en français) en remplacement de la GT, avec le mĂȘme 1588 cm3 muni dâun systĂšme K-JĂ©tronic Bosch. DonnĂ© pour 110 ch Din et 14 Mkg DIN Ă respectivement 6.100 tr/min et 5.000 tr/min, ce moteur Ă©tait une totale rĂ©ussite. CommercialisĂ©e Ă partir de septembre 1975, la 80 GTE restera dans les normes de diffusion prĂ©vue par le groupe VW et Audi et ne sâapprochera absolument Ă aucun moment du colossal succĂšs que va rencontrer la Golf GTi avec le mĂȘme moteur.
Avec, donc, le 1588 cm3 presque «carré» (79,5 x 80) alimentĂ© par injection dâorigine Audi, la Golf appelĂ©e des 3 lettres G,T et I qui deviendront vite cĂ©lĂšbres (il sâagissait dâun sigle dĂ©jĂ ancien mais jusque lĂ trĂšs peu usitĂ©) fut prĂ©sentĂ©e au Salon de Francfort en septembre 1975. Il sâagissait dâun modĂšle dâavant sĂ©rie non dĂ©finitif en ce qui concerne quelques dĂ©tails. Les prĂ©tentions sportives du modĂšle furent copieusement mises en avant par Wolfsburg. Une voiture de cette catĂ©gorie disposant dâun moteur Ă injection dâessence de 110 chevaux câĂ©tait du jamais vu, cela suffit pour en faire la reine du salon. Mine de rien elle intrigua cette Golf puissante comme une grosse voiture et lĂ©gĂšre comme une moyenne (ce quâelle Ă©tait). Cela promettait ! Nombreux furent ceux Ă dĂ©jĂ trĂ©pigner dâimpatience et Ă prendre des renseignements sur le stand, voire Ă vouloir signer un chĂšque de rĂ©servation. Il leur fallut attendre juin 1976, mois auquel fut mise en production la GTi, pour pouvoir enfin passer commande. En France câest jusquâen Septembre quâil fallut patienter pour pouvoir sâoffrir, façon de dire, une Golf GTi.
ExtĂ©rieurement la GTi prĂ©sente trĂšs peu de diffĂ©rences avec les autres versions de la gamme Golf. Disponible uniquement en deux portes (plus tard il sera possible de lâobtenir en quatre portes) elle sâen distingue par des Ă©largisseurs dâaile en plastique, un spoiler, une calandre cerclĂ©e de rouge, des bandeaux de bas de portes autocollants, un entourage noir mat de la glace de hayon (Ă©quipĂ©e dâun essuie-glace) et des monogrammes GTi. Câest tout, câest peu, mais cela suffit pour la reconnaĂźtre au premier coup dâĆil tout en lui assurant une discrĂ©tion de bon aloi. Ă cela sâajoutent des pneus de 175/70 x 13 et une garde au sol rĂ©duite de 20 mm. CĂŽtĂ© technique, la suspension est complĂ©tĂ©e par des barres antiroulis avant et arriĂšre et ses caractĂ©ristiques sont modifiĂ©es par lâadoption de ressorts et dâamortisseurs spĂ©ciaux. Pour le freinage ce sont des disques ventilĂ©s qui ont Ă©tĂ© retenus, pour lâavant seulement. Ă lâarriĂšre les tambours restent en place. LĂ encore câest peu de chose mais ce sera suffisant pour assurer Ă la GTi le meilleur comportement du moment, le freinage restera par contre Ă la traĂźne. Voyons lâintĂ©rieur. Celui-ci se rapproche de lâĂ©quipement de la version GLS, avec des siĂšges baquets garnis dâun tissu Ă©cossais trĂšs mode, un volant 3 branches, un pommeau de levier de vitesses en forme de balle de golf, et une instrumentation plus complĂšte (compte-tours et tempĂ©rature dâhuile). La GTi est disponible pour commencer uniquement en rouge ou gris mĂ©tallisĂ© avec sellerie Ă©cossaise rouge ou grise selon la teinte de caisse.
1977 est donc le premier millĂ©sime de cette voiture qui restera fameuse et qui, personne ne le sait encore, va marquer lâhistoire de lâautomobile. Elle ne recevra au cours de cette premiĂšre annĂ©e que des amĂ©liorations mineures peu nombreuses. Quand la GTi sera commercialisĂ©e en France, elle a dĂ©jĂ reçu la culasse pour accepter lâessence sans plomb. Ce que nâavaient pas les premiers exemplaires. Ă la fin du millĂ©sime, la GTi reçoit un habillage aĂ©rodynamique sur les montants de pare-brise pour limiter les bruits dâair.
Câest ainsi, selon cette derniĂšre prescription des Ă©volutions, quâest notre voiture dâessai.
Cette année-là , en 1981, la Golf GTi battit son record des ventes en France avec un tout petit peu plus de 16.000 unités vendues.
Sans entrer dans le dĂ©tail, signalons, pour la bonne comprĂ©hension de la suite immĂ©diate, quâen 1981, VW France commanda une sĂ©rie spĂ©ciale de Golf GTi Ă moteur 16 soupapes (136 ch Din Ă 6.500 tr/min et 16 Mkg DIN Ă 5.500 tr/min) au prĂ©parateur allemand Oettinger, et quâĂ partir de Juillet 1982 la GTi âordinaireâ fut munie dâun moteur 1800 cm3. Obtenu par une lĂ©gĂšre augmentation de lâalĂ©sage (81 au lieu de 79,5), ce gain de cylindrĂ©e nâengendra que 2 chevaux supplĂ©mentaires (Ă 5.800 tr/min) mais amĂ©liora la souplesse (15,6 Mkg Ă 3.500 tr/min). En mars 1984, apparition de la Golf sĂ©rie 2 Ă la carrosserie plus ronde, plus volumineuse et plus lourde. Elle sera naturellement aussi dĂ©clinĂ©e en une version GTI. Celle-ci ne dĂ©clenchera pas le mĂȘme enthousiasme que son illustre devanciĂšre. Elle en restera mĂȘme Ă des lieues. Surtout que la concurrence est maintenant trĂšs vive.
De trĂšs bons restes…
Ă lâĂ©poque de sa splendeur, la Golf GTi 1600 sĂ©rie 1 nâavait pratiquement pas eu Ă affronter une situation de rĂ©elle concurrence. Ford Escort XR3, Renault R5 Alpine et Fiat Ritmo 105 TC ne faisaient pas le poids face Ă son homogĂ©nĂ©itĂ©. Quand les constructeurs adverses, au nombre desquels les trois prĂ©cĂ©demment citĂ©s, furent en mesure de vraiment rĂ©agir, avec, soit de toutes nouvelles voitures, soit des versions revues et corrigĂ©es (telles la XR3i, la R5 Alpine Turbo et la Ritmo 125 TC pour continuer avec nos trois exemples prĂ©cĂ©dents), la Golf vacilla un peu sur son piĂ©destal mais ne chuta pas. Elle restera maĂźtre de la situation avec seulement quelques amĂ©liorations supplĂ©mentaires de seconde importance et, surtout, son nouveau moteur 1800.
Deux Ă trois ans plus tard aprĂšs lâarrĂȘt de la Golf sĂ©rie 1, mĂȘme les «super GTi» apparaissant sur le marchĂ© avec une puissance de lâordre de 130 ch et plus (Ford Escort RS Turbo, Fiat Ritmo 130 TC Abarth, VW Golf GTI sĂ©rie 2 16 soupapes, Lancia Delta HF 1600, Peugeot 205 GTI 1.9 L) ne purent noyer le chagrin des plus fĂ©rus de la Volkswagen. Ayant eu pour avantage dâĂȘtre la premiĂšre «GTi» de lâĂšre moderne, la Golf sĂ©rie 1 bĂ©nĂ©ficiait dâune cote dâamour gigantesque. Et malgrĂ© des prestations rentrĂ©es dans le rang, elle continua pendant des annĂ©es Ă faire un tabac sur le trĂšs actif marchĂ© de lâoccasion. La version spĂ©ciale au marchĂ© français, Ă moteur 1600 Oettinger 16 soupapes, contribua fortement Ă renforcer le mythe GTi chez nous et fera lâobjet dâun vĂ©ritable culte chez les âextrĂ©mistesâ. Elle sera suivie tardivement dâune version officielle de la GTi 16 soupapes sĂ©rie 2 apparue pour le millĂ©sime 85. Celle-ci ne dĂ©clenchera pas le mĂȘme enthousiasme. Dans ces conditions, tendant vers un Ă©tat dâamour passionnel et immodĂ©rĂ©, juger objectivement la Golf GTi sĂ©rie 1 devenait pour certains trĂšs difficile. Voire impossible. Comme chacun sait, lâamour rend aveugle. Beaucoup ne se remettaient pas de sa disparition et Ă force de lâaimer finissaient par lui prĂȘter un niveau dâefficacitĂ© quâelle nâavait pas. Chez les autres, les plus modĂ©rĂ©s, les plus ouverts aussi aux appels de plus en plus prononcĂ©s de la concurrence, lâapparition concomitante de la nouvelle carrosserie (sĂ©rie 2) et de la 205 GTi fit prendre rapidement conscience que le rĂšgne de la Volkswagen Ă©tait en passe de se finir. Il avait tout de mĂȘme durĂ© huit ans.
Aujourdâhui la fĂȘte est finie. Les voitures de la catĂ©gorie «GTi» sont Ă lâagonie chez les rares constructeurs qui en proposent encore et la Golf GTI sĂ©rie 1 est demeurĂ©e une lĂ©gende. Câest une affaire entendue. Ă tel point quâil est rare encore aujourdâhui dâen entendre parler entre passionnĂ© sans pouvoir relever des excĂšs concernant ses prĂ©tendues capacitĂ©s. Alors que faut-il vĂ©ritablement en attendre en 2004 de cette fameuse Golf GTi sĂ©rie 1, fondatrice dâune catĂ©gorie dâautomobiles qui marquĂšrent profondĂ©ment les annĂ©es 80 ?
Le temps a passĂ©, 30 ans se sont Ă©coulĂ©s depuis la prĂ©sentation des premiĂšres Golf, qui engendreront celle qui nous intĂ©resse ici au premier chef. 30 ans, ce nâest pas rien. Il sâen est passĂ© des choses dans le vaste monde de lâautomobile. Ainsi, bien que plus du tout dans lâair du temps car considĂ©rĂ©es comme des pousse au crime inadaptĂ©es aux conditions de la circulation moderne, les simples «GTi» sont devenues des «super GTi». Des «hyper GTi» mĂȘme, devrait-on dire. Celles-ci, fortes de puissances considĂ©rables (pas loin de 200 ch pour certaines dâentre elles) et de compĂ©tences dynamiques inconnues il y a 20 ans, naviguent dans une sphĂšre trĂšs lointaine de celle de notre Golf GTi. Difficile Ă premiĂšre vue de ne pas Ă©corner la rĂ©putation de la Golf GTi premiĂšre du nom si lâon connaĂźt ses descendantes spirituelles et que lâon garde constamment Ă lâesprit leur niveau dâefficacitĂ©. Un niveau si Ă©levĂ©, procurĂ© par des trains roulants trĂšs sophistiquĂ©s et une Ă©lectronique de plus en plus prĂ©sente, que les «hyper GTi» dont il est question sont capables de tenir la dragĂ©e haute sur certains parcours aux grosses GT dâil y a 20 ans. Dans ces conditions, ne va-t-elle pas me paraĂźtre totalement dĂ©passĂ©e cette Golf GTi, que lâon regardait passer Ă 18 ans avec des yeux de ChimĂšne mes camarades et moi ? Autant le dire tout de suite, cela ne fut pas du tout le cas. Au moins en ce qui concerne le plaisir Ă retirer. Immense ! Elle mâa donnĂ© le sentiment Ă©vident dâavoir beaucoup vieilli sur les points qui ont le plus progressĂ© ces dix derniĂšres annĂ©es (freinage, filtrage de suspension et prĂ©cision de conduite notamment), mais elle ne mâa pas parue ĂȘtre totalement dĂ©passĂ©e. Ăa non !
Jâai donc sous les yeux pour essai, une Golf GTI 1600, boĂźte 5, de 1981. Totalement dâorigine Ă lâexception de quelques complĂ©ments dâhabillage intĂ©rieur (bas de vitres de portes et de vitre arriĂšre et cĂŽtĂ©s de coffre) faits maison par le prĂ©cĂ©dent propriĂ©taire et du rĂ©troviseur droit, elle totalise 150.000 km environ. Un kilomĂ©trage qui commence Ă ĂȘtre respectable mais qui ne lâempĂȘche pas dâĂȘtre en pleine forme. Lâentretien fut parfaitement suivi, cela se sent Ă la conduite. Les siĂšges baquets Recaro sont impeccables et Ă lâinspection de lâintĂ©rieur rien ne rĂ©vĂšle la somme de kilomĂštres accumulĂ©s et le passage du temps.
DĂšs les premiers mĂštres je perçois ce qui a probablement Ă mes yeux, avec le freinage, le plus vieilli sur la Golf GTi, jâen faisais Ă©tat prĂ©cĂ©demment entre parenthĂšse : il sâagit du filtrage de suspension, qui nâarrive pas Ă la cheville de ce que lâon sait faire aujourdâhui. Ăa brinqueballe, enfin cela en donne lâimpression, câest ferme et cela gĂ©nĂšre des bruits parasites dans lâhabitacle. Bref, câest sport façon annĂ©es 70-80 et il vaudra mieux pour de longs dĂ©placements avoir Ă faire Ă du billard impeccable quâĂ un revĂȘtement gondolĂ© et parsemĂ© de nids de poule. La direction est, elle, particuliĂšrement douce et prĂ©cise. Totalement Ă lâopposĂ© de la fermetĂ© de suspension. Vous me direz, ça nâa rien Ă voir, câest vrai. NâempĂȘche quâavec un train avant si rĂȘche on sâattend plus Ă trouver une direction dure. Quant Ă la boĂźte de vitesses, elle ne fait carrĂ©ment pas son Ăąge. Le mĂ©canisme de sĂ©lection est prĂ©cis, agrĂ©able Ă manĆuvrer et les synchros permettent des passages de rapport Ă©clairs. De plus, lâĂ©tagement est parfait et permet en tirant sur tous les intermĂ©diaires une mise en vitesse harmonieuse, et, surtout, de ne jamais ĂȘtre «entre deux vitesses» sur parcours sinueux et vallonnĂ© comme lâest notre itinĂ©raire. Jamais la Golf GTi nâest traĂźtre dans ses rĂ©actions et seul son freinage rĂ©clamant un gros effort Ă chaud pour nâobtenir quâune dĂ©cĂ©lĂ©ration moyenne, incite Ă la prudence sur route non reconnue auparavant. Tout cela est trĂšs bien mais cela ne veut pas dire que câest parfait. Sur les bosses en virage, lâamortissement trop souple en compression Ă lâavant fait que la voiture pique un peu trop du nez, et lâarriĂšre ne donne pas lâimpression de toujours vouloir suivre avec la plus grande discipline. MalgrĂ© ce comportement, largement oubliĂ© de nos jours avec les sportives modernes Ă la cadence Ă laquelle est capable dâaller une Golf GTi de 1981, le comportement routier peut ĂȘtre qualifiĂ© dâexemplaire. Justement car la GTi nâest jamais traĂźtre, on perçoit parfaitement ses limites et cela procure un vĂ©ritable confort de pilotage. Il nây a pas dâeffet de couple dĂ©sagrĂ©able dans la direction, ni de perte de motricitĂ© intempestive. MĂȘme en 2me et alors que lâauto essayĂ©e est Ă©quipĂ©e de modestes 175/70 x 13. Une option, trĂšs coĂ»teuse, comprenant des jantes de 14ââ et des Pirelli P6 amĂ©liorerait beaucoup les choses. CâĂ©tait certainement trĂšs bien pour ceux exploitant Ă fond les capacitĂ©s de leur engin, car au rythme oĂč je vais, rapide mais coulĂ©, je sens que la voiture nâaurait pas besoin de grand chose de plus pour aller naturellement plus vite sans que jâai Ă forcer plus. Plusieurs amorces de sous-virage se sont manifestĂ©es et jâai senti dans la direction que les pneus Ă profil haut se dĂ©formaient. Ce fut parfaitement sensible dans les ronds-points dĂ©serts et au revĂȘtement dâexcellente qualitĂ©, abordĂ©s Ă relativement grande vitesse. Il suffit alors de doser du pied droit pour rester sans problĂšme en deçà de la limite oĂč apparaĂźt le fort sous-virage. Un jeu dâenfant. Ceci dit la prise de roulis est importante et dans ces tourniquets que sont les ronds-points campagnards, une chaussĂ©e humide aurait certainement occasionnĂ© des pertes de motricitĂ© importantes. Les changements dâappui ne sont pas aussi nets quâavec une voiture de mĂȘme catĂ©gorie beaucoup plus rĂ©cente, ou tout simplement quâavec une 205 GTI. La conduite de cette voiture est rĂ©crĂ©ative avec son mĂ©lange de sensation disparues et de sensations toujours dâactualitĂ©. Sâil fallait rĂ©sumer, je dirais que la Golf GTI sĂ©rie 1 est une «ancienne-moderne». La durĂ©e de lâessai (trop court) et la joie de me retrouver au volant de cette voiture mâayant un peu fait oublier que jâĂ©tais lĂ pour travailler, mâen ont fait complĂštement passer Ă cĂŽtĂ© du jugement du confort. Un confort qui avait la rĂ©putation Ă lâĂ©poque dâĂȘtre trĂšs relatif, pour les passagers arriĂšres surtout. Disons que pour ma part cela mâa paru ferme, mais que la qualitĂ© des siĂšges compense largement il me semble en ce domaine les lacunes des suspensions. De toute façon cela me paraĂźt secondaire. Le comportement routier, sĂ»r, efficace et prĂ©venant est beaucoup plus important que le confort maintenant que la voiture est surtout utilisĂ©e pour des voyages dâagrĂ©ment.
Le moteur est une merveille de mĂ©canique. Un chef dâĆuvre ! Reprenant Ă tous les rĂ©gimes Ă partir de 1.500 tr/min sur tous les rapports sans hoqueter, oui mĂȘme en 5me (!), il monte ensuite avec allĂ©gresse jusquâĂ la zone rouge. Son onctuositĂ© et sa hargne sont un rĂ©gal. Sa sonoritĂ© nâest pas mal non plus. Un rien mĂ©tallique elle nâest pas envahissante et vous parvient aux oreilles juste ce quâil faut pour y prendre plaisir sans sâen lasser sur longues distances. Comment dâailleurs se lasser de quoi que ce soit de cette voiture ? Je me le demande encore !







